A pen for a sword - A coups de mots : ENFANT,




ENFANT,



Je ne te dirai pas:
Mange ! Pense à ceux qui meurent de faim dans le monde !
Car la plus grande des bouchées que tu avaleras ne calmerait en rien la plus petite de leur faim.
Je te demanderai de te nourrir des fruits de la terre, pour être fort et grand, en gratitude envers tous ceux qui ont contribué  à ce qu’ils soient dans ton assiette.
Si pour cela tu dois avaler une bouchée de trop pour mamie et papy, ça ne sera pas bien grave.
Je ne te dirai pas : Pense à ceux qui n’ont rien !

Je serai ravie de te donner un peu plus que ce que j’ai reçu, même si un jour, ton insouciance me fait légèrement douter. Je t’exhorterai à respecter cet effort que tu n’exiges pas de moi et qui n’est que l’enrobage de l’amour et du respect qui te sont indispensables.
Te gaver pour ceux qui n’ont pas assez t’écœurerait et te plongerait dans une culpabilité qui ne t’incombe pas. Il pourrait aussi te naître des certitudes, des droits et une légitimité indécente sur toutes ces richesses matérielles qui appartiennent à tous et à personne.
Te priver pour ceux qui n’ont presque rien te ferait renoncer petit à petit à ce qui te revient de droit, pour que les éternels insatiables se repaissent toujours et encore d’une abondance qui surpasse mille fois l’appétit des ogres les plus voraces
Je ne te dirai pas : Il y a pire dans la vie !
Le plus grand des malheurs d’autrui, jamais ne sauvera le naufragé d’un ruisseau de détresse et de désespoirs. Tu es unique, la douleur de tes malheurs, insignifiants ou importants l’est aussi.
Je te laisserai crier fort le plus petit de tes bobos de peur qu’il ne cache un plus gros, de ceux qu’il faut deviner bien souvent trop tard, enfouis dans une gêne et une honte injustifiées.
Ensuite, je te ferai voir ce qu’il te reste d’acceptable à côté du bien que tu as perdu, les joies qui demeurent en contre partie du malheur qui te peine. Ainsi les jours d’après, nous pourrons en rire ensemble ou apprendre à vivre avec.
Je ne te livrerai pas aux moissons précoces. Je ne te jetterai pas à la fosse aux lions; les hyènes pourraient s’inviter au festin !
Je ne nous enfermerai pas dans les évidences trop certaines car jamais je ne voudrais approcher l’horreur d’un appel que nul père ne souhaite prendre, ni l’abomination qu’aucune mère ne souhaite connaître.
Nous nous dirons des mots de joies, de colère, des mots sérieux, graves, des cris, des murmures, pour barrer la route aux faucheurs d’anges.
Je ne te dirai pas : Il faut oublier ! 
Lorsque ma langue sera engourdie par le poids de ton chagrin, je t’offrirai mon oreille attentive et je garderai le silence. Je t’aiderai ensuite à accepter que le soleil aille briller ailleurs et réchauffer d’autres cœurs. Qu’il aille réveiller d’autres âmes vers une aube nouvelle, car il reviendra très vite illuminer ton horizon.
Si tu trébuches, je ne te dirai pas : c’est bien fait pour toi ! Car tu auras appris la leçon.
Si tu peines à réussir ou à me faire plaisir, je ne dirai pas : Tu es bon à rien, tu n’y arriveras jamais ! Je ne te donnerai pas ce coup de grâce alors que tu es là genoux à terre, attendant sans le demander, ma main pour te relever.
Si c’est vraiment plus fort que toi, je ne te dirai pas que les garçons ne pleurent pas. Je te conseillerai de cacher tes larmes, de crainte d’assouvir sans fin ceux qui y verraient une faiblesse.
Je t’implorerai de pleurer en silence, pour que ton abattement ne referme pas les mains tendues.
Si un jour par malheur, lasse de patience, il prenait à mes mains l’envie de te soumettre, je les garderai collées le long du corps, les poings fermés, les ongles enfoncés dans ma chair, car jamais je ne ferai partie des bourreaux des innocents.
Petit, tes erreurs seront mes fautes, tes angoisses et tes peines mes oublis et mes manquements. Grand, tes réussites seront ma plus grande joie, ton bonheur ma récompense.
Je ne te dirai pas ces mots qui assombrissent ton esprit, t’enlèvent ta force et heurtent ton amour-propre, de peur qu’un jour, à force d’avoir rogné ton confort, tu ne deviennes à ton tour comme ceux qui n’ont plus grand-chose à se mettre et presque plus rien à manger, dans un monde d’abondance matérielle et de misère spirituelle. Il ramasse tout et redonne très peu.
Envers toi je commettrai des erreurs, bien moins que mes mères et pères je l’espère ! Sinon je n’aurai rien appris et très peu compris. Mais ces blessures-là, les plus terribles, quelques fois mortelles, jamais je ne te les infligerai, car, en plus de mon immense amour inconditionnel pour toi, enfant, j’aurai ma volonté, ma détermination et l’aide du Seigneur.
Bonne fête mon chéri, longue vie, paix et prospérité à toi et à tous les petits Archanges sur terre.
©Vernonya 03 septembre 2010 Texte exclusivement destiné à la consultation sur site (http://www.vernonya.com) Toute utilisation, diffusion, publication, divulgation totale ou partielle sous quelque support que ce soit et non expressément autorisée est interdite

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